Brut, net : d’où vient l’écart ?
Le brut, c’est le salaire inscrit sur le contrat. Le net, c’est ce qu’il en reste une fois retirées les cotisations salariales : assurance vieillesse, retraite complémentaire, CSG et CRDS, et selon les cas prévoyance ou mutuelle. Votre employeur paie aussi ses propres cotisations, mais elles ne touchent pas votre brut.
Ces cotisations représentent en moyenne 22 % du brut pour un salarié non-cadre du privé, 25 % pour un cadre, et environ 20 % pour un fonctionnaire titulaire (retenue pour pension de 11,10 %, CSG et CRDS). Le simulateur applique ces taux moyens. Si vous voulez coller à votre situation, calculez votre propre taux à partir d’une fiche de paie : (brut − net avant impôt) ÷ brut, puis indiquez-le dans le paramètre avancé.
Le calcul, concrètement
Pour aller du brut au net, on multiplie par (1 − taux). Pour aller du net au brut, on divise. Si le montant est annuel, il est d’abord divisé par le nombre de mois payés (12, 13 ou 14). Le temps de travail réduit ensuite le salaire en proportion. Le net horaire divise le net mensuel par le nombre d’heures travaillées, 151,67 à temps plein.
Un employé non-cadre à 2 500 € brut par mois. 2 500 × 0,78 = 1 950 € net, soit 23 400 € net avant impôt sur l’année. Avec un taux de prélèvement à la source de 4,5 %, l’impôt est calculé sur le net imposable (environ 2 021 €, car une partie de la CSG et la CRDS ne sont pas déductibles) : 91 € sont prélevés et il reçoit environ 1 859 € sur son compte.
Une offre d’emploi de cadre à 42 000 € brut par an sur 13 mois. Le brut mensuel est de 3 231 €, le net d’environ 2 423 € par mois, et le 13e mois arrive en plus en fin d’année. Sur 12 mois, le même brut annuel aurait donné 3 500 € brut et 2 625 € net chaque mois.
Un fonctionnaire titulaire à 2 200 € brut touche environ 1 760 € net avant impôt (2 200 × 0,80). Le taux exact dépend de la part de primes : sans prime, les retenues atteignent environ 20,6 % ; avec 20 % de primes, environ 19,4 %.
Net avant impôt, net imposable, net payé : trois chiffres différents
Le net avant impôt est le brut moins les cotisations. Le net imposable est un peu plus élevé, car une partie de la CSG (2,4 %) et la CRDS (0,5 %) ne sont pas déductibles : c’est sur lui que s’applique votre taux de prélèvement à la source. Le net payé, enfin, est ce qui arrive sur votre compte une fois l’impôt retenu. Le simulateur distingue ces trois montants, mais ne remplace pas une fiche de paie.
Pourquoi mon net réel est un peu différent ?
Parce qu’un taux moyen ne connaît pas votre fiche de paie. Plusieurs choses le font bouger : la mutuelle d’entreprise et la prévoyance, plus ou moins chères selon l’entreprise ; la réduction de cotisations sur les heures supplémentaires ; les tickets-restaurant, dont la part salariale est retenue sur la paie ; les absences ou un acompte. Au niveau du SMIC, les cotisations sont un peu plus faibles : le net représente environ 79 % du brut, contre 78 % dans le simulateur.
Pour un calcul ligne par ligne, avec le coût employeur et le net après impôt exact, le simulateur de l’Urssaf fait référence. Celui-ci sert à avoir un ordre de grandeur en quelques secondes, par exemple pour comparer deux offres.
Négocier un salaire : penser en brut annuel
En France, les salaires se négocient presque toujours en brut annuel. Avant un entretien, partez de ce dont vous avez besoin chaque mois en net, convertissez en brut avec le mode « Je connais mon salaire : net », puis multipliez par le nombre de mois. Vérifiez aussi si l’offre inclut un 13e mois ou une part variable : 40 000 € brut dont 4 000 € de prime sur objectifs n’ont pas la même valeur que 40 000 € fixes.